Les Journées 2010
pourquoi nous obéissons…
Lors des Journées précédentes, nous nous sommes efforcés ensemble de comprendre ce qui, en nous, pouvait faire obstacle à une mise en relation avec celui que nous avons souvent nommé « l’autre », justiciable, patient, élève, parent etc.… La question de l’obéissance nous est alors apparue comme étant au cœur de cette préoccupation. Il en va, en effet, d’une question de légitimité et donc d’éthique de tenter d’être au clair avec ces questions : à quoi, à qui et pourquoi nous obéissons tant au niveau personnel qu’institutionnel.
L’obéissance est-elle consubstantielle de l’humain ou bien le corps social sécrète t-il le besoin de soumission ? Quelle serait sa fonction dans les domaines les plus intimes comme l’art, la religion, l’amour …? Peut-elle être envisagée comme une défense face à une menace d’exclusion, de désamour, face à une menace que représenterait l’autre ou les autres ? L’obéissance répondrait-elle alors à une volonté d’unité, d’identité, à un « vouloir être comme tout le monde » de l’individu ? L’obéissance peut-elle être perçue comme une entrave à la liberté ? Doit-on la considérer comme un processus d’aliénation qui ferait obstacle à toute élaboration, à toute pensée ?
D’autre part, la problématique reste vivace des rapports qu’entretiennent savoir et pouvoir. Ce d’autant plus que faisant parti du magister, nous sommes susceptibles d’exercer un pouvoir sur les gens, à nous confiés, au nom de notre savoir. Les relations entre savoir et pouvoir sont-elles nécessairement fondées sur une exigence d’obéissance ? Aujourd’hui, l’analyse de notre histoire récente nous enjoint à être vigilants sur la qualité de ces rapports toujours très étroits.
L’évidence de la nécessité actuelle de débattre de ces questions nous porte à croire que nous serons nombreux pour cette troisième édition pré-estivale.








