Enfermements et secret

Enfermements et mises au secret
Cris et chuchotements dans les cuisines de l’institution…

 

 


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Argument

De l’emprise à l’enfermement, il n’y avait qu’un pas à franchir pour tenter de mettre en évidence l’incessant processus humain du « rassembler » et du « diviser » qui vient se nicher dans les fantasmes pénitentiaires, les velléités soignantes, les programmes éducatifs.

Les fonctions de la prison, des centres de sureté, de certains lieux de « soins » et d’éducation nous rappellent le vieux rêve de Jérémy Bentham. Le Panoptikon, prison d’une transparence absolue gardée depuis une tour centrale par un seul homme invisible aux yeux des prisonniers, tous se sachant surveillés sans pouvoir vérifier s’ils le sont vraiment. Efficacité, économie : deux critères de « modernité » ?

Les dérives expansionnistes ou fusionnantes des politiques juridiques et sanitaires donnent aujourd’hui lieu à des grignotages inconsidérés des libertés individuelles et collectives. Les champs juridiques et sanitaires se télescopent au carrefour de la sûreté nationale et de la santé publique ; collision ou collusion qui donne naissance au passage à quelques terminologies, initiatives et amalgames déroutants (injonction de soin, centre de rétention et de sûreté, prescription médicamenteuse et responsabilité pénale, réhabilitation psychosociale…).

Notre premier désir est de percer à jour cette folle envie de transformer, amender, améliorer les âmes en faisant souffrir les corps et les êtres. Notre désir est aussi de nous interroger sur la fonction des murs : pourquoi faut-il enfermer pour éduquer, soigner et punir ? Que voulons nous mettre au secret de cette parole du sujet ? Et comment alors justifier cette volonté de transparence ? Peut-on encore dans ces conditions parler de secret professionnel ?

Depuis Foucault, on sait que pouvoir et savoir « s’impliquent directement l’un l’autre ». Comment alors ne pas tenter de penser nos pouvoirs et nos savoirs en les confrontant à des interventions plurielles (architecture, sociologie, psychologie, médecine, justice, philosophie, linguistique, communications des réprouvés eux-mêmes) et ce, avec l’aide de nos amis et confrères européens.

Nous vous invitons donc à venir réfléchir sur ces problématiques en souhaitant que ces journées d’échange et de rencontre permettent de nous dégager de l’enfermement de nos systèmes de représentations.


Programme

JEUDI 16 OCTOBRE 2008

Jean-Louis Rouvière, psychanalyste (Perpignan)
Brèves de divan

Sabrina Fréchinos, psychologue (Perpignan)
Fonctions des secrets

Philippe Génuit, Docteur en psychologie (Université Rennes II)
La Closerie des lits las

Saul Karsz, Discutant

Serge Portelli, Vice-président du Tribunal de Paris
Choix et logiques d’enfermement


Pourquoi et pour quoi existe-t-il des pratiques sans enfermements ?
Table ronde animée par Dominique Laurent

Joan Obiols, psychiatre responsable de la santé mentale en Andorre
Psychiatrie communautaire en Andorre

Vincent Girard, acteur de santé communautaire (Marseille)
Enfermés dedans, enfermés dehors

Massimo Marsili, psychiatre (Trieste)
Proposition d’âge mur pour une folie sans murs

Sandrine Delcroix, pédopsychiatre (Blois)
Initiatives de la psychothérapie institutionnelle

Rumeurs de clowns par la troupe de la Maison Bleue (Perpignan)
sous la direction d’Emma Battesti (actrice, metteur en scène)


VENDREDI 17 OCTOBRE 2008

Philippe Pottier, directeur de service pénitentiaire d’insertion et de probation
Prison et éducation : murs visibles et autres murs

Thierry Trémine, psychiatre (Aulnay-Sous-Bois)
Pathologie de la relégation

Philippe Mulard, psychiatre
Propos ordinaires sur la psychiatrie française

Walter Albardier, psychiatre (Toulouse)
Psychiatrie et taule errance zéro

Frère Anselme (Abbaye d’En Calcat)
De l’expérience de la clôture

Pascal Blond, chauffeur routier
D’une cellule à l’autre

Saül Karsz, philosophe, sociologue
Pour ne pas conclure…